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Nomenclature 17.2 – Une vision de régisseur

CC0 - by Master Tux via pixabayOkay, une vision est apparue devant mes yeux alors que j’allais dans la base pour récolter des photo et renommer des oeuvres. Par exemple la fourche à rôtir qui a été cataloguée comme une poêle. La vision que j’ai eu est sur le futur du livre vert maladroit, mal relié qui me dit la manière dont j’ai le droit ou pas de nommer ces objets. Certains d’entre-eux sont difficiles pour un enfant de la moitié du XXe siècle à identifier. Donc je suis en train de voir une future version digitale de Nomenclature, et si vous vous êtes prêts à débourser quelques dollar en plus, vous aurez une version comme Leafsnap où vous pourrez photographier l’objet sur votre tablette/portable, le mettre dans le programme Nomenclature 17.2 et le programme vous dira, “haha” ! Et vous direz “Eurêka” ! Parce que le programme vous dira comment nommer l’objet. Cool, non ?

Anne T. Lane

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Absent de l’étagère – Cartographie

Map of Downtown Charlotte 1954, Map by Dolph Map Co., picture via flickr by davecitoLes choses ont été un peu calmes par ici dernièrement. Je viens de mettre à jour la base de données. Environ 100 ou plus de photos numériques à renommer. Nous avons commencé à traiter les 2 000 acquisitions, et nous sommes presque à jour sur ceux qui sont entrés en 2003 1. Le problème est, cependant, que lorsque des choses intéressantes viennent dans nos tableaux, c’est impossible d’uniquement écrire, mettre des chiffres dessus et les coller sur une étagère. Vous êtes impliqués avec elles. Dernièrement, c’était les cartes. Kelly, l’une de nos merveilleuses stagiaires, et moi étions en train de regarder un ensemble consolidé de plans immobiliers de Charlotte et du comté de Mecklemburg qui dataient des années 1930. Ils décrivent le centre-ville – pardon, la “haute” ville – et font la liste des propriétaires et des valeurs évaluées. Les valeurs des propriétés ont quelque peu changées depuis, mais Trade and Tryon était l’endroit où il fallait être ! Ce type de documentation est inestimable pour ceux qui font des recherches sur l’histoire des bâtiments et commerces de la ville. On a été dans la même situation avec un atlas officiel de Charlotte, Caroline du Nord, qui est daté de 1928. Il est imprimé sur une toile de lin enduite à partir de dessins et de documents de présentation originaux, entre autres rappels d’un passé disparu : les rails de tramway qui ont été utilisées pour servir de transports publics pour la ville.

C’est également instructif – et fascinant – de retourner quarante ans plus tôt en 1888. Le plan donné cette année, est du comté de Mecklemburg. Le centre-ville n’est pas détaillé, mais les noms des propriétaires sont écrits dessus, dans des marges. Effectivement, il y a “notre” Alexanders (voir http://www.charlottemuseum.org/alexanders.asp pour les détails). Sur beaucoup de ces propriétés, on peut voir des noms qui sont aujourd’hui donnés aux rues, parcs, bâtiments et commerces et quartiers du coin. Avec cette carte, nous avons reçu en tant que propriété du musée, un acte de bail d’Angleterre, daté de 1696. Il avait été accroché dans un cabinet d’avocat de Charlotte et sera accroché dans notre bibliothèque. Il est manuscrit, sur un vélin de vachette et est décoré de trois cachets en cire rouge dans le bas, et je vous met au défis d’essayer de le lire ! Non seulement l’écriture est archaïque, mais la langue est un jargon juridique opaque qui mettrai la honte à n’importe quel écrivain moderne. Lee, un autre stagiaire à la conservation, a commencé à essayer de le transcrire pour moi. Heureusement, le donateur a trouvé une transcription faite par un autre avocat en 1975. On va sûrement le presenter dans la bibliothèque pour ceux qui sont curieux, ou à la recherche de leçons de verbiage obscure !

Bon, je ferai mieux de retourner mettre à jour la base de données. Et de badigeonner quelques numéros.

Shanti
Anne

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Absent de l’étagère – Questions du public

Juste au cas où vous croyez que je me suis tourné les pouces depuis tous ces trucs que j’ai écris auparavant, laissez-moi vous expliquer.

Questions du public

Permettez-moi de remettre les choses en place – J’ai deux stagiaires qui attendent que je leur donne leur prochain projet. Pas seulement ce que c’est, mais aussi comment le faire. Et pas seulement leur dire, mais aussi leur montrer. Et le faire moi-même un peu, pour qu’ils aient une idée. Ensuite j’ai Kris au téléphone pour me dire qu’elle a besoin de moi pour approuver les textes des panneaux pour le Eagle Project avant qu’elle ne les envoit chez l’imprimeur à 14h30. Il est 13h. Je regarde les textes sur l’ordinateur, puis je vais au niveau de la table pour montrer aux stagiaires comment rembourer et emballer des robes pour enfants en tissu et comment les mettre dans des boites. Mais le téléphone sonna, c’est une voix plus âgée et douce comme de la mélasse………

In attic, 1780s house, Nine Mile Point, Jefferson Parish, Louisiana. View towards 20th century closet constructed within the attic. by Infrogmation via flickr“Ils m’ont dit que je devais vous parler. Nous étions en train de nettoyer le poulailler dans la ferme de mon grand-père et nous avons trouvé cette pierre. Je pense qu’elle est vraiment ancienne, ça ressemble à quelquechose que les Amérindiens auraient pû utiliser, elle est brillante mais a des rayures dessus. Nous l’avons bien nettoyé de manière à ce qu’elle ne sente pas trop mauvais, et j’ai utilisé une lime pour me débarrasser des rayures. Je vous l’amène dans 15 minutes, j’espère que ça ne vous derange pas. Je suis sûr que ça vaut le coup.”

Eh bien oui, j’exagère. Mais le plus grand nombre de donateurs potentiels commencent par “nous étions en train de nettoyer le grenier de mon/ma (choisissez votre parent)”. Si cela ressemble à quelquechose que nous souhaiterions, je vérifie avec Kris et nous voyons pour aller le voir ou si on le fait amener.

Si cela ne correspond pas aux paramètres de notre collection, je suggère d’autres musées qui pourraient le prendre. Si celui qui nous appelle veut savoir quelquechose à propos de la valeur d’un bien, particulièrement s’il prévoit d’en faire don, je m’interdis, selon l’éthique des musées, à leur donner une approximation. Nous gardons une liste des experts et des sites Internet auxquels nous les référons. S’ils veulent uniquement savoir ce que c’est, j’essaye de les aider par téléphone, mais sinon, j’essaye de leur suggérer quelqu’un d’autre pour les aider.

Un autre type courant d’appel consiste en une personne qui veut savoir quel est le meilleur moyen de conserver un trésor familial. J’essaye de trouver autant que je peux – d’où l’objet provient, dans quel état est-il conservé, qu’est-ce que la personne veut faire avec. Je demande également si l’endroit où ils veulent le stocker est chauffé ou climatisé, et quel type de lumière il y a. Il y a des situations parfois délicates, parce que je dois essayer d’avoir idée au téléphone si la personne est disposée à dépenser de l’argent pour des matériaux de conservation spécialisés. Si c’est le cas, je leur suggère qu’ils pourraient en avoir besoin et leur donne les informations sur la manière de s’en procurer. Si non, je leur donne toujours la stratégie de “la couette dans la housse de couette”. Il y a aussi toujours la stratégie des sac Minigrip, celle “si ça vous semble bien, c’est que ça doit être une bonne chose”, et “tout sauf les cartons dans le grenier”. J’essaye généralement de les convaincre que le nettoyage ou polissage fait souvent plus de mal que de les laisser dans des conditions peu idéales. Si j’ai besoin de faire plus de recherches moi-même, je leur dit que je les rappelerait. Et je le fais.

Je me suis même trouvé un boulot volontaire avec une demande d’informations par telephone. Dans le mois, je vais aller dans un petit musée local pour enseigner à leur seul employé et quelques-uns de leurs volontaires comment marquer les oeuvres.

J’adore aider les gens avec ce genre de choses, mais cela prend du temps. Et je dois aller mettre à jour la base de données.

Shanti
Anne

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Venu tout droit du lieu de stockage – Une journée dans la peau d’un chargé de collection

Comme je l’ai récemment découvert, nous les régisseurs, chargés de collections ou conservateurs, sommes une race animale étrange et difficile à observer. Comme nous l’a appris Discovery Channel, il n’y a rien de plus intéressant que d’observer des animaux rares dans leur habitat naturel. Je suis vraiment heureuse que ma collègue Anne T. Lane ait commencé une série sur le travail dans un département de collections. Ainsi, si vous suivez cette série, la prochaine fois que votre enfant demandera « Maman, Papa, qu’est-ce que fait un chargé de collections ? » vous pourrez répliquer avec une réponse bien plus intelligente que « Eh bien, un chargé de collection est en charge des collections ! »

Ici, la vie est différente. Il n’y a pas de fenêtre car la lumière est nuisible aux objets. Nous avons notre propre système de contrôle du climat, parce que la chaleur et l’humidité trop élevées sont nuisibles aux objets. Tout comme une humidité trop basse. Donc si vous nous voyez cligner des yeux comme un hibou en pleine lumière et porter des manches longues durant une vague de chaleur de 30°C, vous saurez d’où nous venons.

mask1Donc, vous voulez écouter le récit d’une journée typique dans la peau d’une personne chargée de collection ? Désolée, cela n’existe pas. Je conçois un conditionnement pour le stockage d’un masque à gaz de la Seconde Guerre Mondiale. Je le fais depuis environ deux semaines. J’arrive à travailler dessus, oh peut-être dix minutes d’affilée, entre étiqueter une collection d’épingles à cheveux, conditionner des vêtements féminins datant de l’époque Victorienne dans du papier et des boîtes non-acides, mettre à jour la base de données, faire des constats d’état pour les estampes présentées dans les salles d’exposition à l’étage supérieur, rendre visite à un potentiel donateur afin de jeter un coup d’œil à sa collection de vêtements pour enfants datant de la Première Guerre Mondiale, demander un devis pour des encadrements, mettre à jour la base de données, superviser le travail du bénévole qui saisit les données de nos anciens catalogues, nettoyer la Maison Hezekiah Alexander, laver les gants que nous avons utilisé pour manipuler les objets (lessive douce, rincez deux fois, pas d’adoucissant et ne laissez pas les chats se coucher sur le sac), mettre à jour la base de données, commander de nouvelles pochettes et des boites pour la collection de cartes postales, participer à des réunions de planifications, faire les comptes-rendus des réunions de planification, photographier une veste et un sac à mains ornés de perles, défroisser les édredons, discuter du calendrier des expositions pour les trois prochaines années avec Kris, oh, et ai-je mentionné mettre à jour la base de données ?

Ce n’est pas un travail ennuyant. Vous devez travailler avec d’autres personnes ; puis vous devez vous débrouiller seul pendant plusieurs heures. Vous devez être créatifs, construire des choses, vous occupez de trucs intéressants, faire des recherches, résoudre des problèmes, vous apprenez de nouvelles choses chaque jour, vous devez travailler avec des gens qui pensent comme vous – collègues salariés, stagiaires et bénévoles. Oh, et ai-je mentionné… oups, mauvais paragraphe. Vous devez être précis et minutieux. Vous devez être organisé mais aussi flexible. Et vous n’avez pas le droit de manger à votre bureau. Jamais.

J’écrirai ici sur certaines des anciennes et nouvelles choses qui résident sur les étagères ou sont dans les caisses dans un musée. Et au sujet de certains des processus et procédures pour s’en occuper. Peu de gens ont vraiment idée de ce qui se passe derrière les portes fermées d’un département de collections. Vous me trouverez en train d’essayer de construire un soclage pour ce pauvre masque à gaz ; ou mettre à jour la base de données.

Shanti
Anne

Traduction en français par Sarah Rosu

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Collections et expositions – une relation fusionnelle

Anne T. Lane

Installing an exhibition is teamwork. Thanks to Matt Leininger for the picture.

Mettre en place une exposition est un travail d’équipe. Merci à Matt Leininger pour la photographie

Une exposition peut être conçue de diverses façons. Généralement elle se base sur une idée, et les textes ainsi que les œuvres d’art viennent justifier l’idée originelle. Parfois, un objet ou un groupe d’objets peuvent incarner une idée, et le reste de l’exposition se construit autour de cet ensemble. En outre, une exposition peut aussi être entièrement constituée de fac-similés, et l’idée générale se développe à travers ces reproductions d’objets. Néanmoins si les œuvres d’art font partie des collections du musée ou doivent être empruntées à une autre institution ou à un particulier, le département en charge des collections est très vite réquisitionné.

Choisir les candidats pour une exposition au milieu de tous les objets disponibles passe en premier lieu par une phase de recherches – au sein de la base de données, ou auprès de potentiels prêteurs. Une liste des possibilités est ensuite donnée à la régie des collections qui apporte alors ces objets à un restaurateur ainsi qu’au scénographe. Chaque œuvre est évaluée non seulement selon son aptitude à illustrer le propos de l’exposition, mais aussi selon son état et sa vulnérabilité face aux risques de manipulation et à leur exposition à la lumière. Parfois juste leur taille ou leur poids suffisent à faire un choix, ou si l’objet peut être protégé ou non de la curiosité des visiteurs qui ne savent pas toujours à quel point un objet peut être endommagé en le touchant.

Une fois que la liste d’œuvres est établie, une série d’étapes se succède afin de préparer les objets pour l’exposition. Les constats d’état sont mis à jour ou réalisés, complétés par des photographies. Le scénographe doit avoir connaissance de la taille et de l’éclairage requis pour chaque objet afin de déterminer leur soclage et leur localisation, ainsi que les possibles besoins en cas de remplacement des œuvres fragiles. Enfin l’équipe en charge de la collection doit décider quel socle ou support est nécessaire afin d’assurer la stabilité de chaque objet. Le scénographe et cette équipe auront donc de solides connaissances sur les matériaux à utiliser afin que les œuvres soient exposées dans un environnement sain. Cela n’inclut pas que les socles, les supports ou le conditionnement, mais aussi les encres, les adhésifs et les produits utilisés pour la scénographie.

Just in case... the registrar makes sure the lights are alright. Thanks to Abbi Kaye Huderle for the picture

Au cas où.. le régisseur des collections s’assure que le niveau de luminosité est le bon. Merci à Abbi Kaye pour la photographie.

L’installation des œuvres se réalise toujours collégialement. Afin que tout se déroule dans la plus grande harmonie, toutes les personnes concernées doivent savoir où et quand chaque œuvre sera installée. Les équipes et leurs assistants transportent ensemble les objets de leur lieu de stockage à la galerie d’exposition, dégageant les espaces empruntés et ouvrant les portes si besoin. Une fois que les œuvres sont dans l’espace d’exposition, il doit toujours y avoir une personne pour bloquer l’accès aux personnes non autorisées à entrer. Les soclages sont alors mis en place, les objets sont installés, et ensuite l’éclairage est ajusté. L’équipe technique se poste alors sur des échelles, l’équipe de régisseurs et conservateurs reste au sol, cherchant à ajuster et à contrôler le niveau de luminosité afin que les collections soient correctement éclairées mais sans être mises en danger par une luminosité excessive. Le confort du public est aussi pris en compte, puisqu’une lumière trop forte éblouissant les visiteurs serait préjudiciable. Un dernier coup de chiffon sur les vitrines en plexiglas et l’ouverture peut avoir lieu.

Néanmoins même après l’ouverture d’une exposition, les équipes technique et de régisseurs doivent vérifier régulièrement que les vitrines sont propres, que rien n’a été déplacé, que les visiteurs n’ont pas trouvé un moyen d’accéder ou d’endommager les objets, et que les niveaux de luminosité requis restent stables. L’équipe en charge de la collection vérifie aussi la présence éventuelle de parasites. Si quelque chose cloche, cela sera transmis au département approprié et résolu avec le moins d’incidence possible sur l’exposition.

Traduction en français par Marine Martineau

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