European Registrar Conference 2014 : Vol d’œuvres d’ art et recouvrement

Vahinko tulee viisaallekin.
Même le sage subit des dommages
(proverbe finnois)

Les derniers exposés du premier jour furent animés par deux intervenants qui avaient une apparence
et un style de présentation différents mais qui se rejoignaient vraiment lorsqu’il était question de retrouver des œuvres volées : Christopher A. Marinello, Directeur et Fondateur de Art Recovery International et Rune Sivertsen, Commissaire de la Police Norvégienne. Il y avait donc à la parole un avocat très convaincant et un agent de police parti culièrement franc – et nous avons tous été sous le charme durant l’heure et demi suivante.

Chris Marinello speaking about the restitution of a Matisse (via twitter @erc2014)

Chris Marinello évoquant la restitution d’un Matisse (via Twitter @ERC2014)

« Qui vole les œuvres d’art ? » demanda Chris Marinello au début de son intervention nommée « Art lost and found ». Tout d’abord il a précisé que les voleurs d’œuvres d’art ne ressemblent en rien à ceux des films hollywoodiens comme dans « L’affaire Thomas Crown » ou « Entrapment ». Il n’y a rien de romantique ou d’héroïque, ce ne sont que des criminels ordinaires, le genre de types qui voleraient des portefeuilles.

Le vol d’œuvres d’art est une « industrie » rapport ant 6 milliards de dollars par an. Mais combien de personnes sont en charge d’enquêter sur ces vols ? Marinello nous a donné quelques exemples : en Italie, il y a un agent de police travaillant sur le vol d’œuvres d’art pour 200 000 habitants. En Europe, c’est 1 pour 15 millions d’habitants et aux Etats-Unis c’est 1 pour 20 millions d’habitants. Seul 15% de l’ensemble des œuvres volées est retrouvé. C’est une des raisons pour lesquelles, selon Marinello, il est nécessaire d’être aidé par le secteur privé.

Il nous a alors présenté sa base de données « Art claim » concernant les œuvres ayant été volées, pillées ou qui ont disparu. Chris évoqua quelques cas complexes, y compris celui à propos de l’affaire des œuvres de Gurlitt. Il est difficile d’imaginer les difficultés rencontrées lors des négociations quand un bien a été acquis légalement mais est, moralement, la propriété originelle de quelqu’un d’autre. Lorsqu’il s’agit de convaincre quelqu’un de rendre à son propriétaire d’origine une œuvre d’art sans qu’il n’y ait de compensation financière, qu’il est juste question de respecter la loi et de réparer un préjudice commis il y a longtemps ?! Cela n’a pas l’air d’être chose facile.

Puis Rune Sivertsen prit la parole pour nous présenter « Le vol du Cri et de la Madone de Edvard Munch au Munchmuseet en 2004 ». Nous étions tout ouïe lorsque le commissaire a révélé l’amère
vérité concernant ce vol.

Certaines circonstances facilitèrent la tâche aux voleurs, même si l’équipe du musée ne pouvait pas les prévoir : l’agent de sécurité était posté en de hors de la salle où étaient exposés « Le Cri » ainsi que « La Madone » et le système d’alarme relié aux œuvres n’était pas installé correctement donc il ne s’est pas déclenché quand les tableaux furent dé robés. Les voleurs étaient néanmoins parés à toutes circonstances : un d’entre eux avait une arme et ils utilisèrent de la mousse expansive pour atténuer le bruit de l’alarme.

Picture of the robbery – approaching the getaway car

Photo du vol – montrant la voiture en fuite

Mais le musée eut de la chance dans son malheur : le vol fut filmé et un témoin a pris une photo de la voiture en fuite sans savoir à quoi cela correspondait. Les voleurs portaient tous un masque sauf le conducteur, ce qui a permis de l’identifier. Un autre des voleurs fut reconnu grâce à ses vêtements qui étaient les mêmes que ceux portés lors d’une autre de ses arrestations.

Cela a pris néanmoins 2 ans et 7 jours pour retrouver les œuvres, qui subirent des dommages
importants, ainsi que pour arrêter les voleurs. Lorsque la vraie raison de ce vol fut révélée, en tant que professionnels de musées nous avons été choqués : les œuvres n’ont pas été dérobées pour être revendues. Elles ont été volées pour détourner l’attention et occuper les forces de police qui étaient alors concentrées sur l’enquête concernant le vol d’argent NOKAS (http://en.wikipedia.org/wiki/NOKAS_robbery), réalisé par les mêmes criminels ! Fait encore plus choquant – si cela est possible : les sanctions judiciaires pour ce vol furent moindres, le seul qui fut condamné à un long temps d’emprisonnement pour ce crime futcelui ayant un fusil chargé…

Puisque nous avions l’impression qu’il n’y avait peut-être que nous qui considérions le vol d’œuvres d’art comme un « crime », nous sommes partis à la Midsummer Party à Kiasma..

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One comment

  1. Too often, the odds are stacked against those protecting the art or those attempting to recover it. So, it’s nice to see when things turn out well for the good guys.
    When planned appropriately, the security system helps to deter theft OR for the “undeterred” thief, the system provides the ability to detect them, delay them, defend against them, and forensically support their identification and prosecution. As most of us know, the sooner the thief is detected and identified, the better the chances to recover the art, or even thwart the theft altogether. In terms of security systems, the use of people, effective security procedures, and physical and electronic technology should always be considered in a multi-layered approach.
    Unfortunately in many cases, these security systems are lopsided in their application and do not provide the appropriate overlapping or concentric circle approach; which often creates gaps in coverage. The trained thief or even the opportunist looks for these gaps as avenues to steal art.
    In most circumstances it’s nearly impossible to understand all motivations for stealing art. It’s even more difficult to know the methods a thief will take to steal art. Therefore, a multi-layered security approach of concentric circles has always been the proven technique to securing art. When planned appropriately; use of detection, delay, and defense concepts will either deter the thief, deny the thief access, or when thief succeeds – provide sufficient forensic techniques to quickly identify the thief and recover the art. When using a multi-layered security approach; a loss of single security system function (i.e., forgetting to turn on a sensor, or not locking an exhibit case) would not render the security system ineffective.

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