Archive for Histoires

Emballer des chaussures pour les conférences et autres pensées peu sérieuses sur les chaussures professionnelles

par Janice Klein, Directeur exécutif, Museum Association of Arizona

Je viens de passer cinq jours à Washington D.C., à la réunion annuelle de l’American Alliance of Museums et, alors que je savais que j’avais beaucoup de choses à faire pour me préparer à l’intensité de la surcharge d’informations et relations sociales qui étaient prévues, je me suis retrouvée à me concentrer sur les chaussures que j’avais préparées pour la conférence.

Il y a un truc entre les chaussures de femmes et les conférences. Vous ne pouvez vraiment pas porter des chaussures pour le travail toute la journée alors qu’elle ne sont pas faites pour marcher et rester debout autant que vous le devez. Donc si vous avez deux jours de conférences vous avez besoin de deux paires différentes de chaussures. Vous avez aussi besoin d’une paire de chaussure confortables, et si vous avez une soirée vous avez aussi besoin d’une paire de chaussures habillées. Nous arrivons alors à quatre paires de chaussures pour deux jours. Stupide, non ?

shoes7Pour être honnête il existe des chaussures confortables pour le travail pour les femmes, mais elles peuvent être à un prix prohibitif et franchement, ne sont pas très seyantes. Et, oui, vous pouvez porter des chaussures confortables, mais peu importe leur couleur, elles ressembleront toujours à des chaussures confortables.

Plates et dans une variété de styles et de couleurs, elles sont de plus en plus disponibles, et sont généralement mieux pour piétiner (bien qu’elles ne permettent toujours pas de rester longtemps debout), mais quand vous faites seulement du 1,52m comme moi, un peu de talons est nécessaire pour arriver jusqu’à vos collègues plus grands.

Et il y a autre chose. J’aime, comme beaucoup d’autres femmes – et beaucoup d’hommes aussi – énormément les chaussures. Je suis sûre que c’est sociologique, qu’il y aurait une thèse à écrire ici, mais c’est indéniable que les chaussures sont fun. Honnêtement, est-ce que Sex and the City aurait été si populaire elles portaient toutes des baskets comme c’est en fait le cas à New York ?

shoes11Pour la plupart de mes collègues masculins, ils peuvent tenir avec une seule, ou deux paires, peu importe la longueur de la conférence. Pour être honnête, j’ai remarqué que les hommes commençaient à porter des chaussures confortables, aussi, mais encore une fois, qui regarde les chaussures des hommes ? Et tant que nous sommes sur le sujet des habillements masculins et féminins, la plupart des salles de conférences fixent leur température afin que les hommes soient confortables en costumes-cravate. Cela suppose que le reste d’entre nous portions une variété de pull, vestes et l’indispensable châle. Je pense que ce sont les femmes qui participent à des conférences qui sont responsables du succès continuel du pashmina.

Ruby-Slippers-pin-e1464901309781J’ai aujourd’hui pris l’habitude de prendre avec moi toutes les chaussures que je pourrai porter et j’affine mon choix à trois ou quatre paires (et des vêtements qui peuvent aller avec). Quelques années auparavant, quand j’allais faire des emplettes de dernière minute pour trouver des chaussures je suis tombée sur une solution possible. Quand le jeune vendeur m’a demandé ce que je cherchais, j’ai presque dit “the Ruby Slippers” (chaussures de Dorothy dans Le Magicien d’Oz). Et j’ai ensuite réalisé que c’était exactement ce dont j’avais besoin. Elles vont parfaitement bien à Dorothy, elles vont avec tout (même si en fait elle ne change jamais de vêtements), étaient manifestement confortables même pour marcher de longues distances et danser, sont assurées de succès auprès de tout le monde, et la ramènent à la maison en toute sécurité. Je n’ai jamais trouvé les chaussures, mais j’ai une broche Ruby Slippers que je porte souvent aux conférences.

Quand j’ai dis aux gens que j’étais en train d’écrire sur les chaussures de femmes et les conférences, je ne savais pas si cela allait être marrant, me mettre en colère ou être satirique. J’ai parlé à tellement de femmes – et d’hommes – pour avoir leurs propres histoires de chaussures que j’ai réalisé que ce que j’avais à dire s’est clairement affirmé pour moi, mais aussi pour mes collègues. Donc, non, ce n’est pas stupide de prendre quatre paires de chaussures – ou plus – pour des conférences sur deux jours. A moins, bien sûr, que vous possédiez des Ruby Slippers.

[Note de l’éditeur : l’auteur a fourni des preuves justificatives sous forme d’images des chaussures des personnes de l’AAM. Celles-ci sont montrées ci-dessous.]

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Nomenclature 17.2 – Une vision de régisseur

CC0 - by Master Tux via pixabayOkay, une vision est apparue devant mes yeux alors que j’allais dans la base pour récolter des photo et renommer des oeuvres. Par exemple la fourche à rôtir qui a été cataloguée comme une poêle. La vision que j’ai eu est sur le futur du livre vert maladroit, mal relié qui me dit la manière dont j’ai le droit ou pas de nommer ces objets. Certains d’entre-eux sont difficiles pour un enfant de la moitié du XXe siècle à identifier. Donc je suis en train de voir une future version digitale de Nomenclature, et si vous vous êtes prêts à débourser quelques dollar en plus, vous aurez une version comme Leafsnap où vous pourrez photographier l’objet sur votre tablette/portable, le mettre dans le programme Nomenclature 17.2 et le programme vous dira, “haha” ! Et vous direz “Eurêka” ! Parce que le programme vous dira comment nommer l’objet. Cool, non ?

Anne T. Lane

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Connaissez vos œuvres !

Récemment, j’ai fais la connaissance d’Eduardo De Diego, expert en sécurité au Applied Security Research Associates, basé au Canada. La sécurité est toujours un grand sujet dans les musées et j’ai aimé ses idées sur les mouvements des collections. Naturellement, je lui ai parlé de notre blog. Je lui ai demandé s’il avait une bonne histoire à raconter. Bien sûr qu’il en avait une (et j’espère sincèrement plus) ! Appréciez la lecture et merci, Eduardo, de l’avoir envoyé !

Pendant un audit sur les pratiques et contrôles de sécurité dans un musée majeur, reconnu internationalement, un incident nous a été raconté à savoir que le chef de la conservation (qui doit rester anonyme pour protéger l’institution) avait invité une équipe de télévision pour faire un reportage.

Le conservateur voulait montrer aux médias et présenter une superbe contrefaçon d’une œuvre très connue. L’équipe de télévision a demandé comment il pouvait déterminer que c’était une contrefaçon ? et le conservateur a dit “ok, je vais vous montrer” puis a extrait l’œuvre originale du coffre-fort (c’était une brèche dans les accès sécurisés et dans les protocoles de contrôle des mouvements). Il a sortis l’original, a placé l’original et la contrefaçon sur deux chevalets identiques, et a commencé à démontrer comment son savoir supérieur sur le sujet lui permettait de discerner le vrai de la contrefaçon. Le conservateur a ensuite montré d’autres œuvres et a fait des interprétations, laissant les deux premières peintures sans surveillance. Un membre de l’équipe de télévision a décidé que c’était le moment de faire une blague et a échangé les deux œuvres sans que le conservateur ne s’en apperçoive, comme son attention était ailleurs. Le conservateur est revenu et l’équipe lui a de nouveau demandé, pour leurs spectateurs, lequel était le vrai. Il a identifié la contrefaçon comme étant l’œuvre authentique.

Après cela, le conservateur a été informé de ce qui s’était passé et il a fallu quelques semaines avant qu’une vérification indépendante identifie la vraie œuvre et qu’elle soit remise en réserve.

Happy ending, mais coûteuse.

Texte : Eduardo De Diego

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Sur les quais et les portes

En tant que régisseurs, nous sommes familiers avec les critères, polices et normes. Récemment, j’ai trébuché sur un passage d’une norme du German Industrial Norm (DIN), DIN EN 15946:2011, concernant les procédures d’emballage pour le transport de patrimoine culturel qui recommande que les dimensions extérieures d’une caisse soient plus petites que celles du point le plus étroit qui sera traversé pendant le transport. Et que les petits objets doivent être emballés ensemble s’ils le peuvent et qu’ils ont la même destination (vous pouvez trouver ce passage sous 5.2.1 “Principes généraux”). Ma première réaction fut catégorique :
youdontsay
Plus tard, ma collègue Anne T. Lane m’informa que cela devait être un ordre de Capitaine Évidence, mais en fait c’en est un très avisé :

Depuis que le quai de chargement du musée de notre université existe, bien sûr, impossible pour un vrai camion de se mettre à cul, nous utilisons toujours celui de nos voisins du dépatement théâtre quand une semi-remorque vient prendre en charge ou livrer un chargement. Celà voulait dire que nous avions à tirer nos caisses à travers la galerie et une série de couloirs et de portes. Kevin, l’un de nos préparateurs, essayait de manoeuvrer une caisse en dehors du musée à travers les double-portes mais il est resté coincé. Je suis venue l’aider et j’ai trouvé ça si étroit que j’ai dû presser les barres anti-panique sur les portes de chaque côté. La caisse était standard, en contreplaqué avec un cadrage extérieur qui divisait les côtés en panneaux. Comme la caisse passait sur les barres anti-panique, celles-ci revenaient d’un coup sec quand elles passaient un morceau de panneau, donc je devais faire des aller-retour pour appuyer dessus de nouveau jusqu’à ce que nous ayons finalement passé la caisse à l’intérieur. Comme mes bras ne sont pas assez longs pour couvrir la largeur de la porte, nous devions mettre la caisse dans un certain angle pour appuyer sur une barre pendant que j’allais vers l’autre. Si cette caisse avait été un peu plus large, nous aurions dû la faire passer par l’extérieur et autour du bâtiment.
On s’amuse.

Texte : Anne T. Lane

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Balle de match pour le régisseur !

Quand vous pensez au travail de régisseur je parie que la plupart du temps vous pensez aux beaux-arts, aux trouvailles archéologiques ou aux fossiles. Moins connu et reconnus sont les collections et musées de sports. Mais, hey ho, sports et musées ? Ça sonne comme une réussite totale pour moi. J’ai été heureuse de rencontrer Antony Aristovoulou qui a travaillé sur plusieurs collections de sports. Un jeu de régisseurs semble toujours être le même : classement, catalogage, base de données, caisse, réserve. Pas de surprise, vous suivez les règles du jeu. Mais ce qui est arrivé à Antony n’avait rien d’un court en gazon et a découvert un court en terre battue. C’est tout comme attendre un sprint de 100m et découvrir le jour même que vous êtes face à Ironman et que vous devez le faire en tongs.

tennisMon travail sur la relocalisation/enregistrement/reconditionnement des collections du Melbourne Cricket Club Museum/musée national des sports arrivait à sa fin et j’allais commencer un nouveau travail au Deakin University’s Centre pour le Leisure Management Research (CLMR) en décembre 2006. J’avais entendu dire qu’en janvier 2007, que Tennis Australia avait une collection d’objets relatifs au tennis qui avait besoin d’être relocalisée et enregistrée. Le kit complet et tout le bazar. À ce moment on ne m’avait pas dit qu’aucun travail de fond n’avait été fait (c’est-à-dire l’agencement en dehors du site, le choix de la base de données, le rangement sur étagères, etc). L’horreur, le contrat entre l’Université et Tennis Australia (TA) n’avait pas encore été finalisé ! Donc, j’étais là, fier de moi, à penser que je finirais un emploi, aurai des vacances de Noël, et après le Nouvel An, allais commencer directement un nouveau travail. J’avais tout faux.

Les choses ont commencées doucement à décoller en mars 2007, où j’ai été emmené dans un entrepôt de containers. À la base l’intégralité des collections étaient gardée dans un container – venu directement de Californie, États-Unis. C’était une collection privée d’un Allemand expatrié nommé Rolf Jaeger, qui l’avait exposée dans un musée privé en Californie. Les objets ont été achetés par le président de TA, M. Geoff Pollard, dans l’espoir de relancer la collection de Tennis Australia, pour un nouveau musée du tennis, basé à Melbourne Park. Cette collection Jaeger était là pour compléter les objets historiques détenus dans les bureaux et les réserves de Melbourne Park. L’Australie était la seule nation du Grand Chelem qui n’avait pas de musée du Grand Chelem. Tous les objets étaient entassés dans le container et j’ai tout de suite su qu’il y avait des victimes. J’étais bouche-bée et je me demandais dans quoi je m’étais fourré. Bref, mon travail n’était pas uniquement de faire ce que j’ai mentionné ci-dessus, mais aussi de trouver un espace de stockage, un logiciel pour la base de données, imaginer des procédures, photographier l’équipement, donner des conseils sur la sécurité, mettre sur des étagères, etc…

J’ai fais tout cela, ai fait livrer le container, et pendant quelques mois, j’ai trié lentement les objets. L’argent est devenu rapidement rare – J’avais ce que j’avais demandé pour l’équipement, ordinateur, base de données, et équipement de photographie, mais je n’avais pas ce que je souhaitais pour le matériel de conditionnement (boites non-acides, etc…) et le mobilier (j’avais quelques étagères mais ce n’atait pas assez satisfaisant pour y mettre tous les objets de manière sécurisée). Pour beaucoup d’objets – des centaines de raquettes en particulier – je devais les conserver dans de grands contenants en acrylique (avec un plastique par dessus) qui étaient venues dans le container, chacun sur des palettes en bois. :-/
Quoi qu’il en soit, tout a été marqué, enregistré, catalogué (Vernon CMS), localisé, photographié et numérisé, et, bien sûr, reconditionné (autant que mes capacités le permettaient).
J’ai rédigé des rapports sur les dégâts pour les objets pas ou peu protégés qui sortaient du container, et cela concernait beaucoup d’entre-eux.

Oh, non, pas assez. J’avais aussi à (ce qui était aussi à mon insu lorsque j’ai commencé) m’occuper du mobilier supplémentaire qui ne faisait pas parti des collections et de l’équipement de l’Australian Open de TA. Tout cela a pris une énorme quantité de l’espace de stockage, et cela m’a pris des mois à ré-agencer tous ces trucs pour optimiser et maximiser l’espace pour les collections, ET, m’occuper de ça de manière à ce qu’aucune saleté ou poussière n’impacte les collections.

Bref, voila – autant que je me souvienne au moment où j’écris. Je ne sais pas ce qu’il est arrivé à la majorité de la collection depuis que j’ai fini ce projet en avril 2009, mais environ un an après, j’ai pu voir que quelques objets sur lesquels j’avais travaillé avaient été prêtés au Kooyong Tennis Club (l’ancienne maison de l’Australian Open), et c’était beau à voir. Au moins quelques-unes des pépites sur lesquelles j’ai travaillées ont eu leur moment de gloire !

Texte : Antony Aristovoulou

Traduction en français par Aurore Tisserand.

This post is also available in Russian translated by Helena Tomashevskaya.

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Les collections non-gérées sont là – Nous les célébrons avec “le bétisier”

Comme vous le savez, j’ai été un peu surprise par la publication de “Gérer des collections qui ne l’ont jamais été“. Maintenant, après m’en être remise, je voudrai le célébrer avec vous, lecteurs de ce blog et fervents supporters. Je crois avoir compilé un bétisier, les choses et histoires qui ne pouvaient pas être dans le livre.

La couverture

ManagingC1-1oldJ’ai reçu quelques compliments concernant la couverture. Merci beaucoup. En fait, la première couverture était un peu différente, comme vous pouvez le voir sur l’image.
Pour autant que j’aimais l’idée d’avoir quelquechose de minable et de chaotique, et quelque chose de propre et de bien rangé pour la couverture, j’ai pensé que ça ne transmettrai pas le message assez clairement, outre le fait que l’on pouvait penser que les bouteilles avaient été vidées pendant l’écriture du livre…
J’ai essayé avec d’autre images quand Bernd, mon collègue et ma moitié m’a dit “Tu sais quoi ? Je pense qu’on peut faire mieux !“. Quelques heures plus tard, nous étions équipée d’une collection de vieilles voitures de collection, archives matérielles et équipement de prise de vue. Nous avons essayé avec différentes installations qui, franchement à notre surprise, ont révélées qu’une floppée de voitures regroupées et étiquettées étaient plus chaotiques qu’une ligne de voitures sans étiquettes. Donc nous avons finis avec le “parking à voitures de collections“ que vous pouvez voir sur la couverture.
Pour ceux qui ont désespérément essayé de relier les voitures sous le titre avec celles du dessus : désolé, celles du dessus sont allemandes alors que celles du dessous sont probablement américaines – et ne se sont jamais rencontrées.

Plus d’histoires !

J’ai entendu beaucoup de super histoires au sujet des collections qui n’étaient pas gérées, et j’aurai adoré toutes les publier. Cependant, ça n’allait pas. Parfois il y a eu un changement dans les supérieurs hiérarchiques et les gens n’ont pas eu la permission, parfois les contrats n’ont pas été jusqu’à ce que la publication soit approuvée, parfois la vie a pris un autre tournant. J’espère que je pourrai publier quelques-unes de ces histoires ici sur le blog un peu plus tard.
Cependant, il y a une histoire qui me fait toujours sourire quand j’y pense, mais que je ne pouvais pas utiliser car…euh, j’ai en quelque sorte supprimé l’e-mail, et n’ai donc pas pu revenir vers la personne pour lui demander la permission. Et même si j’avais eu l’e-mail, je ne suis pas sûre si cela aurait été approprié de le publier dans le livre. Mais, je pense que c’est maintenent le lieu et l’endroit de vous faire partager mes sourires :
Cette personne était en entretien pour un poste, pour gérer des collections qui ne l’avaient jamais été. Quand ils lui ont montré la collection, c’était, autant que je m’en souvienne, une cabane remplie d’objets du sol au plafond et il/elle s’est exclamé(e) “C’est quoi cette m**** ??“ ; assez fort et devant les responsables du recrutement. Et a eu le boulot.

Corrections curieuses !

Ma chère amie et collègue Darlene Bialowski a certainement passé un sacré bout de temps sur ce projet de livre, m’aidant avec les corrections et casses-tête. Plus d’une fois ces corrections n’ont pas seulement aidées, mais ont aussi été hilarantes. Par exemple, quand j’ai découvert que oui, il pouvait y avoir trop de documentation ou quand je lui ait demandé le bon mot en anglais pour “Sägebock“, lui envoyant une image, et qu’elle m’a répondu : “le meilleur assistant en tant qu’outil non-humain est appelé un “tréteau““. Je ne sais pas combien de fois je me suis repassé cette phrase dans la tête depuis…
Quand les dernières relectures sont arrivées elle a réalisé que dans un exemple de la vie réelle j’ai utilisé le terme “boite de conserve“ et que, jusqu’à ce qu’elle voit l’image de ce que c’était vraiment, elle a toujours cru que c’en était vraiment une, enfin, une dans laquelle la nourriture est conservée. C’est seulement lorsqu’elle a vu l’image qu’elle a réalisé que c’était en fait une cruche en étain. Pour corriger cette ambiguïté j’ai presque manqué de signes de correction :

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Plus d’images !

Lorsque j’étais en train de négocier le contrat, l’éditeur m’a dit qu’ils voulaient des images. J’étais tellement convaincue que personne ne voudrait partager des cabanes bondées d’objets, que j’ai insisté dans le contrat pour qu’il n’y ait pas de photos. Pour être honnête, à ce moment je n’étais pas vraiment sûre que je pourrais demander à quiconque de partager de vrais exemples dans une publication écrite…
Puis, quand j’étais en train de collecter des histoires réelles, j’ai trouvé beaucoup de collègues qui avaient en fait mit des images. Malheureusement à ce moment, j’avais déjà dit à certains contributeurs que je n’avais pas besoin dimages… J’ai fais ce que je fais toujours en cas de doute : j’ai envoyé un mail à la liste de diffusion RC-AAM. J’ai demandé si quelqu’un était disposé à partager leur images avant/après de leurs collections. J’ai été ravie de recevoir un tas de superbes collections non-gérées qui le sont depuis, et beaucoup d’entre-elles sont dans le livre.
J’ai reçu l’une d’entre-elles après la date limite. C’est la photo préférée d’Alicia Wood qui apparait dans le livre sous le titre ”Morgue d’objets“ :

Artifacat Morgue

Cette jambe de mannequin qui sort d’entre les étagères en dit long sur les collections non-gérées n’est-ce pas ?

Bien à vous,
Angela

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Oups – « Gérer des collections qui ne l’ont jamais été » est déjà sortis !

Hier, j’ai été prise par surprise quand notre bibliothèque m’a envoyé un e-mail en me disant qu’ils avaient reçus leur copie de « Gérer des collections qui ne l’ont jamais été » et étaient sur le point de le cataloguer. Deux heures plus tard j’ai reçu un e-mail de ma chère collègue Susanne Nickel avec ses félicitations comme elle venait de recevoir sa copie. Tout au long de la journée j’attendais désespérément un transport important qui arrivait à notre musée, les mails des contributeurs disant « je viens de recevoir ma copie » affluaient alors dans ma boite mail. Il semblait bien que TOUT LE MONDE avait mon livre entre les mains avant moi.

Quand je suis enfin rentrée chez moi mon cœur a manqué un battement lorsque j’ai vu un paquet dans ma cour – trempé sous la pluie battante. Mais heureusement, quand je l’ai ouvert, tout allait bien :

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Les bonnes nouvelles sont : mon éditeur, Rowman & Littlefield vous accorde un avantage spécial, chers lecteurs : vous pouvez obtenir 30% de réduction si vous commandez directement chez eux, voir le flyer pour les détails :

Flyer « Gérer des collections qui ne l’ont jamais été »

Maintenant, avec un jour de retard, je réussi enfin à vous l’annoncer. Merci beaucoup pour le soutient, et je suis sur le point de rédiger un message de célébration un peu plus réfléchi. 🙂

À plus,
Angela

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Au-delà de la durée de conservation – Un banc de jardin de régisseur

Avoir de nouvelles étagères est une bonne nouvelle pour chaque régisseur. Plus d’espace de stockage, meilleures conditions de stockage, vous les renommez. Mais pour certains, cela ne s’arrête pas là. Vous voyez les planches en bois qui maintiennent les rayonnages séparés sur les palettes ? Et bien regardez ce que mon collègue Bernd vient de construire avec :

bench

Le plan est une adaptation de Jay’s Custom Creations.

Traduction en français par Aurore Tisserand.

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Que s’est-il passé le 2 septembre ? Un mystère climatique pour régisseur
Partie 4 – Des Solutions Alternatives

J’espère que vous avez apprécié notre petit mystère climatique. Beaucoup de nos lecteurs ont proposé des solutions possibles. Deux personnes ont même trouvé la bonne solution :
Geert Bellens a tout de suite suspecté que l’enregistreur avait été déplacé dans une autre pièce et a même trouvé le lieu :
« Si quelqu’un était en train de respirer à côté de l’enregistreur, la température augmenterait à 16h30 mais aussi l’humidité. Si une source de chaleur était impliquée (chauffage, lampe), on devrait voir une hausse de la température et une baisse de l’humidité, mais pas à ce point.
C’est comme si quelqu’un avait déplacé l’enregistreur dans une autre pièce (plus chaude, plus sèche) et puis peut-être ensuite dans une voiture pour la nuit, avant de le remettre en place le 3 septembre ?… »

Et Michael Hall fit une analyse complète et a vu juste :

« Je suggère que l’enregistreur a été bougé de son emplacement d’origine. Les changements dans le taux d’humidité sont dus aux changements de température. Quand on regarde les conditions avant et après les fluctuations, les conditions sont relativement stables. Le changement soudain de température pourrait avoir été causé accidentellement par quelqu’un ayant mis l’enregistreur dans son sac venant d’un environnement plus chaud, puis qui aurait marché à l’extérieur du bâtiment, puis pris la voiture, conduit jusqu’à la maison avec la climatisation, rentrant vers 17h30 et laissant la voiture sous le soleil couchant permettant à la température de se réchauffer jusqu’au coucher de soleil et au refroidissement graduel de la température au cours de la nuit. A 7h30 le lendemain, la personne a conduit jusqu’au travail, réalisa qu’elle avait ramené l’enregistreur avec elle et le remis en place ».

Même si ces solutions sont correctes dans ce cas là, il y en a d’autres qui méritent d’être considérées quand VOTRE enregistreur de données présente un graphique aussi étrange que le notre :

Christian Baars : « La météo était douce au début du mois de septembre 2013, avec des températures en journée avoisinant les 24°C. Cependant, vos changements de températures sont trop rapides pour avoir été causés par des fluctuations quotidiennes. Les changements d’HR dans ce cas sont liés aux changements de température, ce qui suggère que quelque chose à affecté T mais confirme que vous n’avez pas de contrôle indépendant sur la HR. Comme vous l’avez dit, il n’y a pas d’HVAC donc un dysfonctionnement de l’équipement est à exclure. Quelque chose amène à la stabilité puis à l’augmentation rapide de T, puis descend lentement durant la nuit, suivi par une normalisation des conditions. Avez-vous le chauffage central dans le bâtiment ? La réserve est devenue trop chaude, quelqu’un a ouvert une fenêtre le soir du 2 et l’a laissée ouverte toute la nuit jusqu’à ce qu’elle soit fermée le matin du 3 ? »

Kathy Karkut : « Peut-être que quelque chose est tombé sur l’enregistreur, comme une boite ou du papier bulle, etc. Ainsi les relevés ne montrent que ce qui s’est passé dans le petit espace entourant l’enregistreur. Quand une personne s’en est approchée, elle a enlevé ce qui le couvrait ».

Chris Au : « Ma première réaction serait de vérifier l’intégrité de l’enregistreur : est-ce que les données ont été compromises lors de la collection, de l’interprétation, de l’archivage ou de la transmission ?
Secondo, y a-t-il d’autres preuves de la flucations de T et HR ?
Tertio, quels sont les objets dans la réserve ? L’un d’entre eux pourrait-il être la cause ?
Il y aura peut-être des indices dans ces réponses »

Hugh Glover : « Un membre du personnel a fait quelque chose d’asséchant au moment de rentrer chez lui, et l’a défait à son retour le lendemain matin ; je ne suis pas trop sur de ce qu’il a fait par contre ! »

Paul McAuley : « Je suis d’accord avec Kathy Karkut, quelque chose est tombé sur l’enregistreur et a créé un microclimat (une feuille de papier bulles ou de tissu) ou un animal a interféré avec le capteur (ou peut-être y a-t-il un fantôme dans l’appareil…) »

Pat : « On voit qu’il y a eu des éruptions solaires entre le 1er et le 3 septembre. Est-ce que cela aurait pu perturber les données ? »

La solution alternative la plus intéressante, et à laquelle je n’avais pas encore pensée, vient de Doug Nishimura. Nous avons pris comme garantie que nous (ou le bâtiment et ses installations techniques) contrôle les conditions climatiques. Cependant, c’est parfois l’inverse. Les objets contrôlent le climat.

« J’allais dire que la façon dont la température et l’humidité relative montaient et descendaient en même temps (au moins brièvement) donne l’impression que ce sont les objets qui contrôlent les conditions. On a vu ça dans une maison historique dans laquelle le grenier voyait sa température augmenter et baisser chaque jour et chaque nuit.
Dans la journée, la température augmentait accompagnée parfois d’une petite baisse de l’HR, suivie par une forte montée et à nouveau une plongée. Au moment où la température culmine puis commence à redescendre, on peut voir un petit pic de l’HR, mais suivi d’une grosse baisse de l’HR en même temps que la température, avant de remonter à nouveau. C’est le bois dans le grenier qui relâchait de la vapeur d’eau lorsque la température remontait (compensant la baisse attendue de l’HR au moment de la hausse de la température) et l’absorption de l’eau par le bois au moment où la température descend à nouveau. Nous avons récemment été dans une réserve remplie de céramiques provenant de sites archéologique. L’argile absorbait aussi l’eau à mesure que la température descendait, et la relâchait lorsque l’atmosphère se réchauffait.

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J’ai joint un pdf d’une expérience faite par mon collègue, Jean-Louis, qui a mis des capteurs dans une boite de photographies. Le capteur était placé dans la pile dans la boite ou à l’extérieur de la boite. Les grandes flèches montrent les effets des photos sur l’HR à l’intérieur de la boite. Ainsi vous pouvez voir que la température augmente, l’humidité suit jusqu’à se stabiliser. Quand la température descend, nous avons une grosse baisse de l’HR suivie par une longue stabilisation. Quand nous avons comparé nos données avec celles publiées par les gens sur eClimateNotebook, nous avons remarqué que le motif réapparaissait souvent et nous en avons déduit que si la pièce est vide et les murs non hygroscopiques, l’environnement est ce qu’il est. Nous avons commencé à ajouter des objets dans la pièce, et la pièce contrôle les objets. Vous allez finalement atteindre le point où le ratio de matériaux hygroscopiques est assez élevé par rapport à l’air dans a pièce pour que les objets commencent à prendre le contrôle de la pièce. Ça ne se voit pas trop dans la température, même si une ramette de papier de bureau (le papier est 215.9 x 279.4mm et une ramette pèse 2268 grammes) prend autant que 3.64 mètres cubes d’air sec pour modifier la chaleur d’un degré Celsius. Peut-être que l’effet ne se voit pas car le papier est de faible conductivité thermique, mais c’est un exemple de ce qu’il peut se passer ».

Surveillez vos données climatiques !

Traduction en français par Sarah Rosu.

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Que s’est-il passé le 2 septembre ? Un mystère climatique pour régisseur
Partie 3 – La Solution

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« On dirait le climat d’une poche de pantalon » dit mon collègue.

Ce n’était pas une poche de pantalon, mais c’était la bonne piste. Ce que nous avions là était définitivement lié à une personne. Une réserve de cette taille ne peut pas voir son humidité changer de 20% en 10 minutes à moins de circonstances extrêmement catastrophiques. Si rien n’était arrivé à la réserve, c’est donc arrivé à l’enregistreur.

Voici toute l’histoire :

Les données de nos enregistreurs sont déversées sur un ordinateur au début de chaque mois, de préférence le premier jour du mois. Le 1 septembre 2013 tombait un dimanche, les données ont donc été collectées le 2 septembre.

Le 2 septembre vers 16h30, notre restaurateur en charge des enregistreurs m’a appelée pour me dire qu’il n’arriverait pas à télécharger les données ce jour. Mais comme nous avions une réunion de service le jour suivant et que j’étais actuellement à la réserve, il m’a demandé si je pouvais simplement aller chercher l’enregistreur et l’apporter au musée le lendemain.

Bien sûr je pouvais. J’ai immédiatement pris l’enregistreur et je l’ai mis dans ma voiture pour ne pas l’oublier. Tandis que je terminais mon travail à la réserve externalisée, vous pouvez voir que le pauvre enregistreur était dans ma voiture garée en plein soleil. Environ 20 minutes plus tard, j’ai fermé la réserve et pris la route. Comme il faisait chaud dans la voiture, j’ai roulé les fenêtres baissées, provoquant une baisse de température jusqu’à 25°C, ce qui est plaisant. A 17h30 j’ai garé ma voiture à la maison, à nouveau sous le soleil d’une soirée de mi-septembre. C’était l’une de ces dernières chaudes soirées de septembre, durant lesquelles vous pouvez vous asseoir devant la maison avec une boisson fraiche et apprécier les doux rayons du soleil couchant. Apparemment, c’était moins plaisant dans la voiture avec un pic à 30°C.

Le lendemain matin, je suis retournée à ma voiture dont la température était repassée à 13°C durant la nuit. J’étais gelée, donc j’ai monté le chauffage. Quand je me suis garée devant le musée à 8h10, la température était agréable à 22,5°C. J’ai pris l’enregistreur et je l’ai amené au restaurateur, et à partir de là il a enregistré le climat à l’intérieur de notre musée.

J’espère que vous avez apprécié cette énigme du monde réel.

Le Début
L’Allusion
Des Solutions Alternatives

Traduction en français par Sarah Rosu.

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